Le front rencontré la nuit de mardi à mercredi aura laissé des traces sur une partie de la flotte du Vendée Globe. Jérémie Beyou a dû rebrousser chemin suite à un choc avec un OFNI, et pas mal de concurrents ont signalé des problèmes plus ou moins sévères. Damien Seguin n’a pas été épargné et a dû bricoler une bonne partie de la journée d’hier tout en continuant à mener son Groupe Apicil vers les Açores.

Actuellement 11ème du classement général provisoire, le skipper du monocoque blanc et rouge s’apprête à vivre dès demain une dépression tropicale très creuse chargée d’un vent à 50 nœuds et générant des creux de 6 mètres ! Avant d’affronter ces grosses conditions, Damien aurait bien aimé engendrer un peu plus de sommeil mais son planning a été contrarié par plusieurs soucis techniques qu’il a dû gérer ces dernières heures. Fuite d’huile du vérin de quille, eau dans le moteur et problème avec le dessalinisateur qui lui sert à produire de l’eau douce pour s’hydrater et manger… Tout un programme qui a monopolisé Damien plusieurs heures hier ! Mais, aidé de son équipe technique, le solitaire a fort heureusement réussi à tout remettre en ordre pour pouvoir utiliser de nouveau tout le potentiel de son IMOCA.

Content de son début de course, le triple médaillé olympique confiait au téléphone cet fin d’après-midi avoir connu une petite frustration passagère ce matin : « Je n’ai pas trop compris. J’ai pris une petite « valda », je suis vraiment tombé dans un trou de vent. Ce n’est pas très agréable surtout quand il y a encore de la mer. Mais globalement, je suis satisfait de mon début de course car jusqu’à aujourd’hui, j’ai réussi à faire ce que je voulais. J’ai fait mes propres choix, je suis allé où je voulais, j’ai changé mes voiles. Je ne me suis pas économisé. Ce n’est pas mon style. »

Le skipper de Groupe APICI a désormais les yeux rivés sur les fichiers météo car il sait que dans les prochaines heures, la vigilance sera de mise. Thêta, la dépression tropicale qui barre la route de la flotte s’annonce piégeuse. Il va falloir bien positionner le curseur entre performance et préservation du bateau.  « Je vais faire attention car c’est une vraie dépression. Il va falloir que je contourne la difficulté et après, je verrai où je mets le curseur selon mon état ».  Derrière, le skipper de Groupe APICIL pourra enfin souffler en touchant les premiers effets des alizés.

Damien Seguin au téléphone :

« Ça va même si j’ai connu mieux. La nuit a été dure, ça s’enchaine beaucoup et je sens que tout le monde est un peu fatigué. Ce n’est pas très simple et en plus j’ai beaucoup bricolé hier et encore aujourd’hui. La nuit dernière, j’ai fait beaucoup de réparations sur le bateau. J’ai dû enlever l’eau qui était dans le moteur parce qu’il avait serré. J’ai perdu beaucoup d’huile de quille donc j’ai dû la remplacer aussi. J’avais aussi un problème avec le dessalinisateur donc c’était problématique pour produire de l’eau. Ça m’a bien pris 4 heures de réparation mais heureusement, j’ai une super équipe qui m’a guidé dans toutes les réparations que j’avais à faire avec des schémas, des conseils. Merci à eux. »

Une nuit menée tambour battant

La blessure d’hier est déjà presque oubliée par Damien revigoré par le flux soutenu qui lui a permis d’accumuler les milles cette nuit. Fou comme le moral des marins est directement connecté à l’orientation et à la force du vent ! Damien a alterné les changements de voiles et mis cap au sud-est au bon…

Damien Seguin se blesse à bord de Groupe APICIL

Damien a informé hier à 18h son équipe à terre qu’il venait de se blesser à bord de Groupe APICIL.   Le solitaire, qui navigue à la 12e place du Vendée Globe, a profité des vents faibles pour bricoler sur son monocoque à l’approche des mers du Sud. Alors qu’il s’apprêtait à couper un morceau…

Réflexion sur le futur !

Alors qu’il a passé une majeure partie de son dimanche après-midi à s’arracher les cheveux dans la pétole et dans les grains (l’impression de revivre un second Pot au Noir comme il l’exprimait ce matin à la vacation), Damien Seguin a retrouvé des conditions de navigation un peu plus favorables. Désormais, c’est sur une mer…