Après une entrée en matière difficile nerveusement et physiquement – due notamment à plusieurs dépressions- Damien Seguin a retrouvé des conditions plus clémentes. Pour preuve, le skipper de Groupe APICIL confiait à la vacation de ce matin avoir passé la nuit la plus paisible depuis ce début de Vendée Globe. Actuellement, 7ème du classement général provisoire, le skipper handisport évolue depuis hier soir au portant. Des conditions plus sympathiques que celles de la semaine passée même s’il a dû faire face à une zone sans vent ce matin. Une situation que le triple médaillé paralympique n’affectionne pas particulièrement comme il l’avouait dans une vidéo envoyée du bord ce matin. Mais dans quelques heures, ce sera le début des alizés pour Damien.

A bord de Groupe APICIL, le rythme marin commence à se réguler. Rangement, toilette, bons petits plats, sommeil, le solitaire sait qu’il doit profiter de cette accalmie pour prendre soin de lui car l’aventure est encore très longue. « J’ai dû dormir 7h en fractionné cette nuit. Ça permet de récupérer de la semaine éprouvante. Dans mes sacs journaliers, je me suis aperçu que sur les quatre premiers jours de course je n’avais pas mangé grand-chose. Hier je me suis un peu rattrapé ! Je vais repartir sur un rythme un peu plus normal. Je me suis fait un hachis parmentier lyophilisé, puis un riz au lait et un petit morceau de Beaufort. » confiait le skipper à la vacation ce matin.

Du réconfort avant la suite qui s’annonce très différente. En effet, si le skipper de Groupe APICIL – à la barre de son bateau à dérives – a fait forte impression en ce début de course en jouant aux avant-postes avec ses confrères, Jean Le Cam et Benjamin Dutreux, la donne risque fortement de changer ces prochains jours. En cause, des alizés qui vont ouvrir la voie aux foilers …qui n’auront plus qu’à s’en donner à cœur joie pour de belles glissades!

Damien Seguin à la vacation ce matin :

“Je suis content d’être là où je suis. J’ai fait un début de course propre sans prendre trop de risque. La semaine a été compliquée. Stratégiquement, je n’ai pas trop mal tiré mon épingle du jeu. Là, les conditions vont être propices aux foilers donc ils vont nous dépasser un par un…

La nuit dernière était plutôt tranquille, c’était la nuit la plus paisible depuis le début. Le vent était assez stable en direction et en force. Je me suis bien reposé. J’ai dû dormir 7h en fractionné. Ça permet de récupérer de la semaine éprouvante.

Dans mes sacs journaliers, je me suis aperçu que sur les quatre premiers jours de course je n’avais pas mangé grand-chose. Hier je me suis un peu rattrapé ! Je vais repartir sur un rythme un peu plus normal. Je me suis fait un hachis parmentier lyophilisé, puis un riz au lait et un petit morceau de Beaufort. J’ai une classe en Savoie qui me suit, ils m’ont envoyé du fromage.

Dans mon mot du bord, je parlais d’euphorie parce que je suis content d’être là, surtout au regard des conditions sanitaires actuelles que l’on a quittées. On est des privilégiés. Et je parlais aussi d’angoisse parce que la transition entre terrien et marin n’est pas simple. J’aime l’effort en solitaire sur les bateaux, mais sur un tour du monde, on prend des risques. Si je devais militer pour quelque chose, ce serait un Vendée Globe en double !”

Les conditions sont sympas, surtout au regard de la semaine passée. On a du vent portant en ligne droite vers le pot au noir. Il va falloir jouer un peu entre les lignes de grains. Ce matin, je me suis fait un peu piéger. Ces conditions vont permettre à tout le monde de se reposer, manger, ranger les bateaux, ça va être bien pour la suite.”

Mot du bord de Damien Seguin, cette nuit :

Bonjour terrien !

Quelques mots pour te raconter ma vie en mer à bord de Groupe APICIL. Cette première semaine de navigation intense m’a peu à peu transformé. De terrien, je deviens marin, plongé dans une aventure de légende. C’est un état qui mêle euphorie et angoisse.

J’ai connu l’émotion du départ, l’arrachement à la terre. J’ai vu mon bateau se faire bousculer violemment par les vagues et le vent. J’ai connu quelques galères – pas trop ! – mais suffisamment pour me dire de préserver ma monture, la route est longue !

Depuis le départ, le rythme est très intense et les moments de répits sont courts. J’ai encore quelques passages à vide, où je me pose beaucoup de questions. Je pense que la fatigue y est pour beaucoup. Je garde une mauvaise expérience à cause de problèmes d’énergie, j’ai toujours peur que tout va tomber en panne… Il faut que j’arrive à dépasser ça.

Sinon, je suis bien rentré dans ma course, mes camarades aussi remarque ! Je ne suis pas étonné de la très belle partition que nous joue Jean (Le Cam) depuis le début. Il a beaucoup d’expérience et un sens inné des belles trajectoires. Les conditions météo des prochains jours avec l’arrivée dans les alizés sera plus favorable aux bateaux à foils. Ce n’est pas facile à accepter pour le compétiteur que je suis, mais mon rêve à moi, il est devant. Mon objectif est d’aller jusqu’à l’arrivée.

Je pense à tous ceux qui m’encouragent. Je ne peux pas vous répondre mais vos messages m’accompagnent.

J’envoie des bisous tout particulièrement à une nouvelle petite terrienne, Alix, née hier (ndlr, la deuxième petite fille de Yoann Richomme, co-skipper de Damien sur la dernière Transat Jacques Vabre)

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