Dans trois jours, Damien Seguin et Yoann Richomme prendront le départ de la Transat Jacques Vabre Normandie – Le Havre à bord de l’IMOCA Groupe APICIL. Damien Seguin, skipper handisport – il est né sans main gauche – et triple médaillé paralympique, disputera pour la troisième fois la course avec son ami vainqueur de la dernière Route du Rhum, Yoann Richomme après 2011 et 2013 (à bord du 40’ ERDF – Des Pieds et Des Mains). C’est la première fois qu’un duo handivalide s’alignera au départ de la course en IMOCA. Rappelons que cette 14è édition de la Transat Jacques Vabre réunit un plateau d’exception avec 29 bateaux engagés dont 13 dotés de dérives classiques ou droites (non foilers).

 

Cinquième du dernier Défi Azimut et 1er non foiler, le duo entend bien poursuivre sur sa lancée. En effet, si les deux skippers savent qu’il leur sera difficile de rivaliser avec les bateaux de nouvelles générations, ils entendent bien performer au sein des non-foilers. Au-delà de la compétition, le Groupe APICIL et le duo Seguin/Richomme portent un message d’inclusion en faveur des personnes en situation de handicap et démontrent au travers de ce projet que chacun peut aller au bout de ses rêves. A trois jours du départ, les deux hommes et le bateau sont plus que prêts à en découdre. Sereins et déterminés à se battre, le duo de Groupe APICIL nous confie ses impressions.

Dans quel état d’esprit êtes-vous à trois jours du départ ?

Damien : « Nous sommes plutôt sereins car c’est une course en double et nous avons tout fait pour se donner les moyens d’être prêts avec le bateau en arrivant au Havre. Pour l’instant, tout se passe bien. Nous n’avons eu aucun souci majeur sur le bateau ces dernières semaines, la job-list a suivi son cours et est quasiment terminée. De plus, la météo ne s’annonce pas très compliquée pour le départ ce qui permet d’être assez apaisé. Nous partons avec des certitudes sur le bateau, certitude de fiabilité et de performance donc cela nous aide à être plus sereins »

 

Yoann : « L’équipe technique a bien bossé toute la semaine donc je n’ai aucune crainte. De plus, les différents tests que nous avons faits sur le bateau depuis le début vont nous servir car c’est ce qui se profile pour la course. Nous ne partons pas non plus dans des conditions dantesques donc c’est agréable. Au final, c’est dur d’évaluer quel résultat nous ferons mais nous serons là pour nous battre notamment au sein des non-foilers »

 

Vous participez pour la troisième fois ensemble à cette course. En quoi est-ce différent cette année ?

 

Damien : « C’est forcément différent car notre dernière participation ensemble date de 2013. Tout a changé ; à commencer par le bateau et l’expérience de chacun. La dernière fois, tout s’est bien passé donc on s’appuie là-dessus. On sait cette année qu’il n’y a aucune raison que ça se passe mal en tous cas sur le plan humain. C’est pour nous deux une non question. Pour le reste, nous sommes dans la nouveauté mais j’ai l’impression que nous avons fait les choses dans le bon sens cette année pour pouvoir arriver au moment du départ avec plus de réponses que de questions sur le bateau. »

 

Yoann : « Le bateau est plus gros, non ? J’ai l’impression qu’il a changé (rires). Sans plaisanter, tout a changé. Nous avons davantage d’expérience et nous sommes bien meilleurs. C’est totalement différent ».

Il y a deux aspects dans ce projet : la compétition et le message d’inclusion que vous allez porter, qu’est-ce que cela représente pour vous ?

 

 Damien : « Nous ne cherchons pas à faire de la double communication sur le bateau. Le message sur l’intégration et l’inclusion, nous en parlons beaucoup en amont du départ. Une fois que le course est partie, le message est naturel car nous sommes dans la compétition comme les autres. Ce message d’inclusion fait partie de l’ADN du projet. Mon leitmotiv a toujours été de faire la preuve par l’exemple et globalement, c’est en le faisant et en donnant le meilleur de nous-mêmes ensemble sur la course que Yoann et moi apporteront les meilleures réponses sur le sujet. Les gens se posent des questions au départ, nous donnons les réponses à l’arrivée. »

 

Yoann : « Nous n’avons jamais fait de chichis sur cette histoire-là et de toute façon la meilleure façon de porter le message, c’est de faire du résultat. Les gens se posent plus de questions que nous. Le message est beau, il vaut le coup d’être entendu. Après, à nous de montrer qu’il n’y a pas de limites. »

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