La bataille fait rage en tête de la flotte du Vendée Globe. La première place change de mains régulièrement entre Bureau Vallée et Apivia. Mais au dernier classement, c’est Louis Burton qui a l’avantage sur Charlie Dalin. Les deux hommes, qui font une route vers l’ouest, vont devoir avoir le cœur bien accroché et garder au maximum leur sérénité pour parcourir les 1 000 milles restant. La moindre erreur peut coûter très cher pour l’un comme pour l’autre… D’autant que les poursuivants sont aux aguets à l’image de Boris Hermann. L’Allemand, actuel 3e, bénéficie de 6 heures de bonus suite à sa participation au sauvetage de Kevin Escoffier et a visiblement choisi de « sucer la roue » du leader, une forme de contrôle qui pourrait lui garantir une très belle place sur le podium… Car l’ordre de franchissement de la ligne d’arrivée au Sables d’Olonne ne constituera probablement pas le classement final de ce 9e Vendée Globe ! Un scenario unique à l’image de cette édition hors norme. A bord de Groupe APICIL, Damien Seguin tente quant à lui de protéger la 6e place face à l’Italien Giancarlo Pedote, désormais son plus sérieux rival. Il a fait le choix d’une route nord pour bénéficier d’un flux de sud-ouest plus appuyé.

Seul bateau à dérives dans le groupe des sept monocoques de tête, Groupe APICIL est dans le coup comme il l’a été tout au long de ce Vendée Globe. Son skipper, Damien Seguin est une machine qui fonctionne à base d’énergie naturelle : la compétition. 7e à 16 milles de l’Italien de Prysmian Group, le skipper handisport fait route au nord, dans le tableau arrière de Yannick Bestaven. depuis hier soir après son empannage. Il évolue dans un vent de Sud Ouest d’une petite vingtaine de nœuds et fait avancer son 60’ à 14-15 nœuds. Autour de lui, les foilers peuvent allonger la foulée comme le Transalpin qui navigue à bord de l’ancien Saint-Michel Virbac, 4e du dernier Vendée Globe (17 nœuds de moyenne sur les quatre dernières heures pour Giancarlo Pedote).

«  Je me dirige plein nord vers les Açores, le but c’est d’aller trouver du vent plus fort avec un meilleur angle. Clairement, je joue avec mon copain Giancarlo pour la place de 6. Je n’ai pas la prétention d’aller chercher les autres devant qui vont beaucoup trop vite. J’ai des armes que je n’ai plus sur le bateau malheureusement pour me battre à 100% du potentiel que j’avais au départ. Mais vous pouvez compter sur moi pour jouer ma carte à fond avec de la bonne humeur et l’envie d’en terminer au plus vite car mine de rien, ça se rapproche assez vite Les Sables. »

La lutte pour cette 6e place va forcément donner du fil à retordre à Damien qui a choisi d’aller chercher du vent plus fort et un meilleur angle pour attaquer ce passage des Açores. Le triple médaillé paralympique a expliqué ce matin qu’il ne naviguait pas à 100% du potentiel de son bateau.

« Ça fait très longtemps que je n’ai plus de voiles de portant VMG. Depuis l’entrée du Pacifique en réalité… Je fais avec des plus petites voiles, j’essaye de me débrouiller comme je peux mais c’est handicapant et ça fait plus d’un mois que ça dure ! ».

Cette révélation à quelques jours de l’arrivée renforce encore l’admiration pour le solitaire qui a réussi malgré la perte de ces voiles d’avant essentielles à mener si haut son Groupe APICIL. Autant dire que ce n’est pas à quatre jours de l’arrivée qu’il va baisser les bras. Son énergie positive sera forcément une force pour cette dernière ligne droite. Cela fait 77 jours que Damien partage sa bonne humeur… Et c’est fou ce qu’elle fait du bien quand elle est reçue à terre !

Classement de 15h :

1 – Louis Burton (Bureau Vallée)

2 – Charlie Dalin (Apivia) à 7,3 milles

3 – Boris Herrmann (Seaexplorer – YC Monaco) à 46,7 milles

7 – Damien Seguin (Groupe APICIL) à 314,3 milles

Interview de Damien ce matin :

 

« Ça va plutôt bien, mais on a l’impression que les journées passent de moins en moins vite !  On s’approche de l’arrivée, ça fait plaisir. Je me bats toujours, même si je n’ai plus toutes les armes pour me battre autant que je voudrais. Je suis dans le groupe de tête, je pense que personne n’imaginait un bateau à dérives droites à cette position. Je continue à me battre, avec ma bonne humeur aussi !

Je suis intrinsèquement moins rapide que tous les bateaux qui m’entourent. J’ai montré dans le grand Sud que j’étais plutôt à l’aise dans le gros temps, et mon bateau aime bien ça aussi ! J’ai déclenché l’empannage juste après la tombée de la nuit hier soir. Je vais monter chercher le vent et le bon angle pour pouvoir rejoindre Les Sables d’Olonne au plus vite. Je vais essayer de jouer avec Giancarlo (Pedote) pour la 6e place et mettre un maximum de distance à Jean (Le Cam). J’ai décidé que j’allais me battre jusqu’à la fin.

Ça fait très longtemps que je n’ai plus de voiles de portant VMG. Depuis l’entrée du Pacifique en réalité… Je fais avec des plus petites voiles, j’essaye de me débrouiller comme je peux mais c’est handicapant et ça fait plus d’un mois que ça dure !

Je suis un compétiteur, tant que la ligne n’est pas passée, il faut se donner à fond. Je veux n’avoir rien à regretter. »

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