A 3h40 (HF), Damien Seguin a poussé un hurlement dans la nuit et s’est effondré en larmes. C’était au moment du passage du Cap Horn… son premier Cap Horn ! Un grand shot d’adrénaline savouré seul au milieu de l’océan après 56 jours 13 heures et 20 minutes de mer !

 

A bord de son groupe APICIL, Damien a été renversé par l’émotion, il n’en revenait pas de passer enfin ce cap tant attendu, le dernier de ce Vendée Globe, un peu celui de la délivrance pour tous les marins en course sur ce tour du monde. Car il en aura fallu du courage et de l’abnégation pour en arriver là. Le long tour de l’Antarctique a été exigeant et n’a pas épargné les hommes engagés dans cette course folle.

 

 

Pour Damien, ce n’est pas le seul fait de devenir Cap Hornier qui a généré tant d’émotions mais aussi la place qu’il occupe actuellement sur l’épreuve. 4e ! Le skipper de Groupe APICIL réalise un rêve, celui qu’il touchait du doigt depuis quelques jours : quitter les mers du sud dans le Top 5 de ce Vendée Globe ! Il a paré le Horn dans la nuit, un jour 12 heures et 58 minutes après Yannick Bestaven, leader et deux heures seulement après Thomas Ruyant, troisième ! Un exploit pour le premier skipper handisport à participer au Vendée Globe et une récompense fabuleuse pour celui qui navigue sur un bateau d’ancienne génération équipé de dérives droites.

 

 

Damien a connu les émotions intenses des Jeux Paralympiques.  Deux fois, il a fait résonner la Marseillaise en 2004 à Athènes et en 2016 à Rio. Il a su aussi maitriser sa tête et son corps en s’imposant à cinq reprises lors des championnats du monde de 2.4, sa discipline paralympique phare. En s’engageant sur ce Vendée Globe, Damien venait relever un nouveau défi, assouvir sa soif de compétition et porter un message fort autour de l’inclusion. Il a choisi de faire ce tour du monde et a tout donné pour s’y préparer mais même dans ses plus beaux rêves, il n’avait pu imaginer la course qu’il réalise actuellement. Ce passage du Horn restera désormais comme un immense moment dans sa carrière de marin au même titre que ses victoires en championnat du monde ou que les deux médailles d’or et la médaille d’argent qu’il a portées autour de son cou.

 

 

Depuis le départ des Sables, le skipper de Groupe APICIL fait preuve d’une maitrise de métronome. Il prend les journées les unes après les autres, gère les problèmes sereinement, profite des moments magiques comme cette rencontre avec deux rorquals et s’adapte à chacune des découvertes de ce tour du monde notamment aux conditions de mer et de vent qu’il n’avait jamais expérimentées. Il subjugue par sa volonté de partager et inspire par sa farouche détermination à porter haut l’inclusion. Ce Cap Horn est un cadeau pour tous ceux qui suivent Damien et ils sont nombreux, petits et grands, à être embarqués par l’histoire qu’il est en train d’écrire.

 

 

Le cri et les larmes se sont vite transformés en sourires et n’empêchent pas Damien de garder la tête froide… Il sait qu’il a désormais un nouveau mur à franchir : celui de la remontée de l’Atlantique. Il a en mémoire les nombreux scenarii inattendus qui sont souvent nés de ces dernières semaines de course. Mais filer retrouver un océan plus familier, moins inhospitalier, décuple son envie de bien faire. La compétition est son stimulant et il est servi… Cette heure qui le sépare du troisième est une goutte d’eau à l’échelle de l’océan Atlantique. La bataille est magistrale et Damien fera tout pour qu’elle le reste jusqu’au dernier mille parcouru au large du chenal des Sables d’Olonne.

Les mots de Damien au passage du Horn :

 

« Eh bien nous y voilà les amis ! Mon premier Cap Horn ! Un truc de fou ! Premier Cap Horn, quatrième du Vendée Globe. J’en reviens à peine, j’ai pleuré toutes les larmes de mon corps tout à l’heure en y repensant. Il y a eu tellement d’efforts pour en arriver là, c’est tellement dur ! Il ne fait pas beau il fait froid mais j’y suis arrivé, c’est top. Le chemin est encore long mais ça fait un bon bout de chemin déjà de fait ! C’est cool. Il reste la remontée de l’Atlantique sud, l’Atlantique nord et je vous donne RDV dans quelques semaines aux Sables d’Olonne si tout va bien ».

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