Damien Seguin a été le 6e skipper à franchir la ligne d’arrivée du Vendée Globe aux Sables d’Olonne ce matin. Le solitaire boucle un tour du monde exceptionnel qui le place comme la révélation de cette 9e édition ! Avec ses trois médailles paralympiques autour du cou (deux en or, une en argent), Damien abordait la course autour du monde en solitaire sans escale et sans assistance avec envie mais aussi avec beaucoup d’humilité. A la barre de son bateau à dérives mis à l’eau en 2008, le skipper né sans main gauche ambitionnait surtout de vivre une régate au contact avec les bateaux de sa catégorie et espérait pouvoir jouer les troubles fêtes de temps à autres avec les foilers.

Au final, il a fait bien plus que ça puisqu’il n’a pas cessé de se battre au plus haut niveau du classement, dans le groupe de tête aux côtés de solitaires aguerris à la course au large qui, pour plusieurs d’entre eux, naviguaient sur des machines de dernière génération.

7e au passage du Cap de Bonne-Espérance, 5e au Cap Leeuwin, 6e au Cap Horn… Il épate ! Chaque passage de cap récompense son abnégation, ses talents de régatier et la minutieuse préparation qu’il a menée pendant deux ans seulement. A l’aise dans cette course interplanétaire, Damien a aussi fait rayonner très fort le message d’inclusion qu’il défend depuis des années et qu’il a souhaité porter autour du monde avec le Groupe APICIL, son partenaire.

Accueilli aujourd’hui par sa femme Tifenn, ses enfants Ethan et Marjane, ses parents, son équipe technique, ses amis et bien sûr ses partenaires, le skipper né sans main gauche a livré à son arrivée au ponton des mots forts, émouvants, témoins d’une course qui va le marquer pour le reste de sa carrière. Impossible à chaud de raconter cette régate interplanétaire qui l’a animé pendant 80 jours.

« Je ne savais pas trop à quoi m’attendre avant de partir mais 80 jours plus tard, j’ai l’impression d’avoir coché toutes les cases. J’ai le sentiment d’avoir fait les choses dans le bon sens » résume Damien avant d’être félicité par l’un de ses adversaires direct, Boris Hermann et par un ancien vainqueur de Vendée Globe, François Gabart.

Le skipper de Groupe APICIL a définitivement illuminé ce Vendée Globe par sa performance sportive mais aussi par sa personnalité enjouée. Damien est un croqueur de vie, un passionné qui ne se résigne jamais. A l’issue de ce Vendée Globe qu’il a partagé avec chaleur et beaucoup d’humanité, il devient pour beaucoup un exemple. Un statut qu’il n’assume pas vraiment, préférant juste expliquer à chacun qu’il est possible pour tous d’aller au bout de ses rêves.

Forcément, je me suis surpris lors de ce Vendée Globe. C’est la découverte de plein de choses avec le bateau aussi longtemps, avec les mers du sud, et puis avec la pression d’une régate planétaire. Ça a été vraiment une régate du début à la fin. J’aime ça donc je me suis vraiment senti à l’aise. Ça a été un beau suspense pour tout le monde que ce soit pour les marins ou les gens à terre.

 

Il faut déjà se dépasser avant même de faire le Vendée Globe donc oui, le Vendée Globe c’est du dépassement de soi. On va chercher des ressources qui sont insoupçonnées. Ce n’est pas pour rien que l’on dit que c’est l’Everest des mers. Il faut vraiment aller chercher loin. C’est un truc de dingue !

Il n’y a rien de simple, rien de donné dans le Vendée Globe. Il faut vraiment se faire mal dans tous les domaines. Ça se mérite. Chaque cap que l’on passe, chaque journée franchie est une petite victoire. A la fin, c’est une belle récompense pour tout le monde. Que ce soit pour moi mais aussi pour mon partenaire APICIL.

Je ne connais pas la moitié de ce qui s’est passé exactement à terre ! On va me raconter mais le peu que j’en ai su, c’est qu’une belle histoire a été racontée. Il y a eu une belle effervescence autour du projet. C’est le début d’une super histoire avec le Groupe APICIL.

Je ne savais pas trop à quoi m’attendre. Le Vendée globe se vit, je ne sais pas s’il se raconte. Il va me falloir quelques jours pour comprendre ce qui m’arrive. J’ai déjà du mal à faire le bilan de ma semaine alors vous n’imaginez pas … le bilan de mon Vendée Globe, c’est impossible. Ça va mettre du temps.

J’ai envie de profiter des gens car ça fait 80 jours que je suis tout seul et que je parle à mon bateau. Avant de devenir complètement fou, je vais parler avec les gens, en profiter (rires). C’est ce grand écart entre le Solitaire et être un terrien parmi les autres. »

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