Après avoir résolu hier matin ses problèmes de pilote automatique, Damien Seguin est revenu dans le match de la compétition. Actuellement 7e du classement, Damien poursuit sa progression dans l’océan indien en direction du Cap Leeuwin dans des conditions de 15 à 20 nœuds de vent qui devraient s’accentuer dans les prochaines heures.

Un océan Indien qui, fidèle à sa réputation, met à mal une partie de la flotte de ce Vendée Globe. A bord de Groupe APICIL, la vie n’est pas un long fleuve tranquille. Le marin subit mais supporte…, parfois en occultant totalement la compétition pour prendre soin de lui, parfois en s’accrochant. De leurs côtés, les machines souffrent aussi. A ce moment-là du jeu, il est clair que l’homme et sa monture ne font plus qu’un. L’écoute, la bienveillance, la protection… Le solitaire sait qu’il doit être totalement attentif à son bateau sans s’en oublier lui-même. Un numéro d’équilibriste pas toujours simple à gérer mais parfaitement assumé.

« Il y a des priorités à mettre en place dans la navigation et ce n’est pas toujours la course qui passe devant. Il y a aussi notre bien-être, notre ressenti car nous sommes là, certes, nous l’avons choisi mais nous ne sommes pas non plus là pour vivre un calvaire… Le bruit du bateau est toujours là. L’être humain a des facultés et s’habitue à tout. Finalement, on arrive à dormir et à développer une oreille assez sélective qui nous permet de savoir quel bruit est important. Ce n’est pas toujours facile la vie à bord du bateau mais nous développons des qualités assez incroyables » précise Damien à la vacation ce midi.

2.4 mR ou course au large ?

 

Triple médaillé paralympique et premier skipper handisport au départ de ce Vendée Globe, le skipper de Groupe APICIL était l’invité du live ce midi en compagnie de Marie Riou, quadruple championne du monde en voile olympique et vainqueur de la Volvo Ocean Race 2017 – 2018 avec Donfeng Race. Et si cette dernière a salué la performance de Damien sur ce Vendée Globe et mis en exergue sa magnifique course depuis le départ, elle l’a titillé gentiment en lui demandant s’il préférait la course au large dans l’Indien ou des parcours bananes en 2.4 Mr. Une question qui a beaucoup amusé l’intéressé tant ces deux-là se ressemblent et mènent, tous deux, deux carrières de front : le large et l’olympisme.

« Il faut de tout pour faire un monde mais je ne te cache pas que la nuit dernière quand ça n’allait pas super bien, je rêvais d’être en 2.4, de rentrer dans un lit douillet entre deux manches. Mais après, il y a des moments tellement magiques au large où tu as l’impression d’être totalement en osmose avec le bateau et les éléments extérieurs que c’est super. Tu connais parfaitement les deux. Ce n’est pas à toi que je vais apprendre que dans les deux il y a des choses magnifiques à prendre. C’est la joie de notre sport » répondait Damien Seguin.

Damien au live du Vendée Globe ce midi :

 

“L’océan Indien n’a pas beaucoup de plumes mais a beaucoup de vent. C’est surtout mal pavé au niveau des vagues. La différence, elle est là. Ce n’est pas tellement le vent mais plutôt la direction et la taille des vagues qui font que nous pouvons aller vite ou pas, aller sur tel bord ou sur un autre donc il faut en permanence être à l’écoute de son bateau pour savoir dans quelles conditions il souffre le moins. Depuis quelques heures, le vent est en train de remonter. C’est un petit peu gris, ça commence à bien déballer. Il y a des surfs à 20-25 nœuds avec le bateau. Ce sont des conditions difficiles. Nous ne sommes pas là pour amuser la galerie. Il faut se faire violence.  Il y a des moments où il faut savoir lâcher la navigation et prendre soin de soi sinon ce n’est pas vivable. Il faut composer, savoir bien placer le curseur pour ne pas trop endurer à bord. Il y a des fois où je n’arrive même pas à faire bouillir de l’eau à bord. Du coup, je vais réduire la toile ce qui me permet de manger quelque chose. Il y a des priorités à mettre en place dans la navigation et ce n’est pas toujours la course qui passe devant. Il y a aussi notre bien-être, notre ressenti car nous sommes là, certes, nous l’avons choisi mais nous ne sommes pas non plus là pour vivre un calvaire. J’ai des petits yeux car j’ai eu pas mal de soucis dernièrement sur le bateau. Des soucis de pilotes que j’ai résolus hier et j’ai pas mal de soucis électriques à bord avec des blackout parfois ce qui fait que le bateau part en vrille. Ce matin, j’ai passé une demi-heure à la cape pour résoudre une partie du problème. Donc là, je suis sur un système qui est un peu plus simple, un peu plus robuste et qui va me permettre d’avancer plus en sécurité. Le bruit du bateau est toujours là. On fait avec. On s’y habitue. Mais l’être humain a des facultés et s’habitue à tout. Finalement, on arrive à dormir et à développer une oreille assez sélective qui nous permet de savoir quel bruit est important. Ce n’est pas toujours facile la vie à bord du bateau mais nous développons des qualités assez incroyables » .

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