Et voici le 7ième épisode d’ « Un jour, un souvenir #7» : une émotion incroyable !

Ce sont mes troisièmes Jeux après Athènes et Pékin. Je les aborde comme ceux de Pékin, en tant que favori. Je suis champion du monde, j’ai gagné toutes les coupes du monde avant les Jeux. Je suis plutôt au sommet de ma forme. J’arrive à Londres plein de confiance. La compétition commence. Je gagne la première régate haut la main, je la mène de bout en bout.

 

Ça s’annonce bien mais les JO (Olympic), c’est une autre aventure… La deuxième manche, j’ai un accrochage avec le Canadien… Ça se passe mal devant le jury et je sors avec une disqualification. Avec mon entraineur, Thierry Poirey, on demande une réouverture d’instruction… Ça dure quatre jours, tous les soirs pendant une heure…

 

Ça m’a entièrement sorti de la régate. Je ne m’en rends pas compte tout de suite mais je n’ai pas la clairvoyance habituelle, ça me ronge. Je n’arrive pas à passer au-dessus et j’enchaine les manches très moyennes. Je me retrouve au pied du podium et ma disqualification vient d’être confirmée. Il reste deux jours à courir. La décision connue, je retrouve enfin mes capacités sur l’eau, je performe sur les deux manches de l’avant-dernière journée. Je remontre à deux points du podium ! Le jeu est ouvert y compris pour une victoire… il reste une journée avec une manche… Malheureusement, elle ne sera en fait jamais courue à cause du manque de vent. Vous imaginez mon état…

 

Je longeais les barrières en surveillant les drapeaux et puis tout à coup, les trois coups de corne de brume ont définitivement anéanti tous mes espoirs… Sportivement, cela a été très difficile. Je ne savais pas trop comment pendre les choses. Le moment n’a pas été simple. Nous avions fait venir des familles avec des enfants en situation de handicap via l’ Association Des Pieds et Des Mains.

 

Ils étaient sur l’eau dans l’attente de cette dernière manche. Je suis allé les rejoindre en zodiac, c’est un des moments qui m’a fait sortir la tête de l’eau. Ils étaient tellement contents de me voir. J’ai vraiment ressenti cette force du groupe. Puis, ils se sont mis à chanter « Si tu vas à Rio…»

 

Et du coup, je me suis dit « Ok… j’irai à Rio ! ».

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